Ce qui me touche chez Hildegarde
Son amour inconditionnel pour tout ce qui vit, sa notion de « viridité » qui est la puissance de vie dans chaque être.
Pourquoi Hildegarde dans mon parcours?
Plusieurs fois, au détour de conversations, au fil de lectures, j’avais croisé le nom de Hildegarde de Bingen sans y prêter grande attention. Encore une de ces mille et une pistes, certes bien tentantes, mais qu’autant de vies ne suffiraient pas à explorer.
Qui était Hildegarde de Bingen?
Ecrivaine, musicienne, médecin, visionnaire, Hildegarde est une pionnière, une vraie femme de combat comme l’indique l’étymologie de son nom : « Hild » en vieil allemand qui signifie la bataille.
Pourquoi Hildegarde dans mon parcours?
Plusieurs fois, au détour de conversations, au fil de lectures, j’avais croisé le nom de Hildegarde de Bingen sans y prêter grande attention. Encore une de ces mille et une pistes, certes bien tentantes, mais qu’autant de vies ne suffiraient pas à explorer.
C’est Corinne Graux qui m’a, en un instant, convaincue de ne pas faire l’impasse. Ce fut « par hasard ». J’achevais une formation classique de naturopathe. Je me trouvais au côté de Corinne à un stage d’aromathérapie à Saint-Laurent-du-Var. Je me suis rapidement sentie des atomes crochus avec cette « Nordiste » souriante et discrète qui cache, derrière une certaine réserve, une volonté de fer. Naturellement, au moment des pauses, la discussion est venue sur Hildegarde. Comment pouvait-il en être autrement : pour Corinne, Hildegarde de Bingen fait quasiment partie de la famille. Sa mère, et avant elle sa grand-mère, l’avait adoptée comme confidente et guide. Simple question de foi vis-à-vis de cette flamboyante moniale, de cette mystique du XIIe siècle, tardivement reconnue comme Docteur de l’Eglise et dont le seul parcours de femme libre et éclairée suffirait à l’édification de notre époque ? Ce serait faire abstraction de cet héritage irremplaçable du point de vue de la thérapeutique et de la santé que constituent les nombreux écrits qu’elle a laissés. Le plus incroyable est qu’elle paraît avoir devancé son temps. Les préconisations qu’elle nous laisse, à partir notamment de l’utilisation des plantes, prouvent à présent leur efficacité contre (ou dans l’accompagnement de) nos maladies de civilisation modernes : cancers, artériosclérose, dépression, cholestérol… Au cœur de cette médecine : l’équilibre acido-basique.
Corinne, avec beaucoup de patience et de générosité, commençait à m’initier à cette science, si subtile, de son mentor médiéval.
Hildegarde de Bingen offre une vision holistique et spirituelle de l’être humain. Sa manière d’envisager la maladie est très proche de la médecine traditionnelle chinoise dans laquelle la santé ne peut être conçue que dans un équilibre global. Il y a chez elle des trésors d’empathie, de douceur, de joie de vivre. Son secret : la viridité, cette force vitale que rayonne tout être vivant ou inanimé. De quoi nous renvoyer à la physique quantique d’aujourd’hui. Dans le même temps, la si charismatique Hildegarde n’est qu’exigence et fermeté, elle oblige l’individu à se placer au centre de sa propre vie et de sa santé. Et gare aux puissants qui viennent lui en conter !
Bref, quel meilleur complément pour la naturopathie classique que les enseignements d’Hildegarde de Bingen. Ils peuvent servir de garde-fou pour éviter un certain nombre d’erreurs (notamment sur la consommation de crudités). Ils incitent à aller plus loin, dans le sens d’un véritable accompagnement spirituel de la maladie.
De retour dans le Lot, ma décision était prise : je m’inscrivais à un cours pour l’obtention du Certificat de Conseillère Hildegardienne. Corinne, qui a expérimenté elle-même la difficulté de concilier une telle formation avec les exigences d’une vie professionnelle et familiale, m’a généreusement soutenue pas à pas, testant régulièrement mes connaissances, me soumettant des cas pratiques.
Loin des régimes sévères ou des purges, les concepts fondamentaux d’Hildegarde de Bingen sont une célébration à l’art de vivre et de se nourrir avec joie grâce à une alimentation spécifique, saine et curative capable de réveiller notre force vitale. La « subtilité » ou vertu cachée de l’aliment ou la plante vient rééquilibrer nos humeurs corporelles. Les bienfaits des enseignements d’Hildegarde sont aujourd’hui largement constatés et confortés par des études scientifiques.
Qui était Hildegarde de Bingen ?
Ecrivaine, musicienne, médecin, visionnaire, Hildegarde est une pionnière, une vraie femme de combat comme l’indique l’étymologie de son nom : « Hild » en vieil allemand qui signifie « la bataille ». C’est une femme moderne dont la voix se fait entendre depuis le Moyen Age. Elle nous rappelle que le destin de la planète passe par une conversion profonde, non seulement des comportements, mais des cœurs.
Hildegarde de Bingen est née en Allemagne en 1098 à Bermersheim près d’Alzey (Rhénanie) et est morte en 1179 à Rupertsberg (près de Bingen). Son père est régisseur des biens de l’Evêché de Spire et appartient à la noblesse allemande. Elle est la benjamine de 10 enfants. Dès sa naissance, Hildegarde a une santé délicate et très souvent ses parents sont obligés de rester des nuits entières près de leur fille qui souffre terriblement. Très vite, Hildegarde est touchée par des phénomènes mystiques : « Dans la troisième année de mon âge j’ai vu une telle lumière que mon âme en a été ébranlée, mais à cause de mon enfance je n’ai rien pu en dire« . A cinq ans elle aurait dit à sa nourrice : « Vois donc le joli petit veau qui est dans cette vache. Il est blanc avec des taches au front, aux pieds et au dos. ». Lorsque le veau naît on constatera l’exactitude de cette description.
Ses parents la confient au couvent des bénédictines de Disibodenberg sur le Rhin, dans le diocèse de Mayence, pour son instruction, sous la tutelle de Jutta de Sponheim. Hildegarde y est éduquée selon les coutumes de l’époque : elle apprend à lire le latin dans le Psautier et la Bible, à chanter et jouer de la musique. Elle prononce ses vœux perpétuels et reçoit vers l’âge de quinze ans le voile monastique des mains de l’évêque Othon de Bamberg. Hildegarde s’ouvre alors à Jutta à propos de ses visions. Celle-ci prend conseil auprès du moine, Volmar, qui deviendra le secrétaire et l’ami d’Hildegarde pendant 30 ans.
Hildegarde mène une vie faite de prière, de méditation et de travail, jusqu’à la mort de Jutta en 1136. Elle a alors 38 ans et est aussitôt élue comme abbesse. Richardis, une religieuse de 20 ans sa cadette, devient son bras droit et l’aide à assumer sa lourde charge.
Au cours d’une vision, à l’âge de 42 ans, Hildegarde reçoit de Dieu l’ordre de rendre ses visions publiques sinon sa souffrance physique ne la quittera plus. Suivent alors dix ans d’un travail monumental durant lesquels elle raconte ses visions dans trois livres qui réalisent une synthèse d’anthropologie chrétienne : corps, âme et esprit, distincts, forment un tout indivisible. Elle explique que les dysfonctionnements du corps ont pour cause un dérèglement de l’âme. Doutant de sa santé mentale, Hildegarde écrit à Bernard de Clairvaux qui l’encourage. L’approbation du pape Eugène III lors d’un synode à Trêve sera déterminante pour la poursuite de son activité littéraire. La rédaction de son premier livre, le Scivias (du latin sci vias Dei « sache les voies de Dieu ») s’achève en 1151.
En 1147, Hildegarde fonde l’abbaye de Rupertsberg, monastère de femmes et en 1165, l’abbaye d’Eibingen. Elle n’y vit pas mais s’y rend une fois par semaine. A cette période, elle accomplit plusieurs miracles.
Hildegarde décrit les principes d’harmonie de l’univers et de l’être humain, avertissant sur les conséquences de leur non-respect. Au niveau individuel, elle propose un régime de vie, une alimentation (dont la base est le grand épeautre), un ensemble de soins qui visent à rétablir la santé dans l’organisme affaibli. À l’échelle de sa communauté, elle met en œuvre, par la musique et les arts, des moyens thérapeutiques pour fortifier l’harmonie et soigner l’homme dans son intégralité.
Hildegarde tissait un lien avec tous les êtres qu’elle rencontrait, visibles et invisibles. Tout ce que la viridité anime de son souffle, l’intéressait.
A presque soixante ans, elle part à la découverte du monde : Mayence, Bamberg, Trêves, Metz, Cologne. Elle enchaîne les voyages (Moselle, Lorraine, Westphalie) et multiplient prêches et sermons. Son verbe est implacable, brûlant ; elle ne se départ jamais de sa liberté d’actes et de paroles. Cette aventure durera dix ans.
Elle entretient une correspondance avec d’illustres personnages de l’époque, les couples royaux (Aliénor, reine d’Angleterre), les papes et l’empereur Barberousse qu’elle n’a pas hésité à reprendre vertement pour sa mauvaise conduite…
La moniale reçoit dans son cœur la date de la fin de sa mission terrestre : le 17 septembre 1179, Dieu la rappelle à Lui, peu après minuit, au premier jour de sa 82ème année.
Hildegarde de Bingen, pourtant considérée de son vivant comme une Sainte, n’est inscrite dans le martyrologue romain qu’au 16ème siècle. Elle est canonisée le 10 mai 2012 par le Pape Benoît XVI et proclamée Docteur de l’Eglise le 7 octobre 2012.
Un long silence de 8 siècles succéda à ses écrits. Ce n’est qu’au 20e siècle, peu après la fin de la deuxième guerre mondiale, que sont redécouverts et expérimentés les conseils de la moniale par le Dr Herzka, médecin allemand.
Reconnue comme une des pionnières de la médecine douce, Hildegarde de Bingen est, aujourd’hui encore, considérée comme la première phytothérapeute moderne. Ses recettes et ses découvertes sur la propriété des plantes se transmettent de générations en générations.
Oeuvres de sainte Hildegarde
- Scivias, (“Connais les voies”), éd. du Cerf
- Liber Vitae Meritorum, (“le livre des mérites de la vie”), éd. Bénédictines
- De Operatione Dei,(« Le livre des oeuvres divines”), éd. Albin Michel
- Causae et Curae, « Les causes et les remèdes », éd. Millon
- Physica, « Le livre des subtilités des créatures divines – les plantes, les éléments, les pierres, les métaux » Tome1 éd. Millon
- Physica, « Le livre des subtilités des créatures divines-les arbres, les poissons, les oiseaux, les animaux » éd. Million
- « La symphonie des harmonies célestes » éd. Millon
- « Lettres », éd. Millon