Hysope

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Hysope (Hyssopus officinalis)

S’intéresser à l’hysope, c’est prêter attention à une plante discrète qui porte en elle une longue mémoire du monde. L’hysope pousse droite, presque fière, avec ses petites fleurs bleutées qui semblent garder un secret ancien. Depuis des siècles, on la cultive dans les jardins de simples, là où les plantes ne sont pas seulement belles, mais aussi porteuses de sens. Elle a traversé les époques : l’herbe médicinale des apothicaires, plante sacrée des rites de purification, parfum léger des jardins monastiques…
L’hysope incarne quelque chose de rare : la modestie qui guérit. Elle ne cherche pas à dominer le jardin; elle ne crie pas sa présence. Mais quand on l’approche son parfum chaud et légèrement camphré raconte les collines sèches, les abeilles, le soleil de fin d’été.
Il y a dans l’hysope une dimension presque symbolique. Dans certains textes anciens, elle est associée à l’idée de purification et de renouveau. Comme si cette petite plante rappelait que la nature possède des gestes simples pour remettre de l’ordre dans le corps et dans l’âme.
S’intéresser à l’hysope c’est donc apprendre à regarder ce qui est petit mais essentiel.
Description
L’hysope Hyssopus officinalis est une plante de la famille des Lamiacées à feuilles persistantes qui poussait à l’origine dans le sud de l’Europe, au Moyen-Orient et en Asie centrale. Elle est classée comme une herbe aromatique et fait partie de la famille de la menthe.
L’hysope est une plante vivace, ce qui signifie qu’elle peut survivre plusieurs années, avec au moins une nouvelle pousse chaque saison. Elle atteint environ 45 cm de hauteur. En été, ses fleurs s’épanouissent dans différentes couleurs, telles que le violet, le blanc et le rouge. Les précieuses propriétés aromatiques et médicinales de l’hysope sont connues depuis des siècles. Dès l’Antiquité, des figures éminentes de la médecine telle que Hippocrate, Galien et Dioscoride citaient l’hysope pour ses vertus médicinales exceptionnelles. Ces anciens médecins louaient son efficacité pour traiter les inflammations des poumons, les toux, ainsi que les fluxions et catarrhes, en plus de ses capacités à purger et à évacuer les humeurs morbides et les parasites intestinaux.
Au Moyen Âge, l’hysope était souvent utilisée en fumigation pour aseptiser les lieux en cas d’épidémies telles que la peste, la lèpre ou le choléra. L’hysope était un antiseptique puissant bien avant la découverte des antibiotiques modernes.

 

En phytothérapie classique :
L’hysope est une plante connue pour ses multiples bienfaits en phytothérapie. Avec ses petites fleurs vibrantes, Hyssopus officinalis a captivé l’attention à travers les âges, non seulement pour sa beauté mais aussi pour sa puissante composition complexe. Les parties aériennes de la plante, notamment les fleurs et les feuilles, sont riches en principes actifs bénéfiques pour la santé.
Parmi ces composants, on trouve un principe amer, la marrubine, principalement responsable de ses vertus expectorantes et digestives.
L’huile essentielle à cétones, extraite de cette plante, est réputée pour ses vertus antimicrobiennes et antivirales.
Les triterpènes, flavonoïdes, et l’acide-phénol, également présents, ajoutent à la plante des propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes.
Enfin, la choline est un nutriment essentiel qui joue un rôle dans le maintien de la santé du foie et dans la transmission des signaux nerveux.
Le thé préparé à partir de cette plante est connu pour soulager les problèmes physiques au niveau de la gorge, du nez et des poumons. Il peut également être appliqué en externe sur les ecchymoses comme baume cicatrisant.
L’hysope a une action béchique, vermifuge, sudorifique et hypertenseur, favorise l’écoulement des règles, action diurétique.
Effet antiseptique :
• Infections cutanées mineures
• Plaies superficielles
• Acné légère à modérée
• Dermatites infectieuses
• Furoncles
• Piqûres d’insectes infectées
Effet antispasmodique :
• Crises d’asthme
• Toux spasmodiques
• Dysménorrhée (règles douloureuses)
Effet stimulant :
• Fatigue générale
• Baisse de tonus durant la convalescence
• Faiblesse immunitaire
Action expectorante :
• Bronchite
• Rhinite
• Asthme
• Infections respiratoires chroniques ou aiguës
Effet carminatif :
• Flatulences
• Coliques
• Aérophagie
• Troubles digestifs associés à une mauvaise digestion

Chez Hildegardede Bingen : l’hysope est préconisée pour la toux, des problèmes de foie ou de poumon; purifie l’organisme des mauvaises humeurs.
Hildegarde conseille d’utiliser de l’hysope sèche dans les préparations culinaires, en particulier le poulet, les volailles, le poisson, les viandes. Saupoudrer une pointe de couteau dans la cuisine. L’hysope doit être cuisinée avec d’autres aliments et non seule et consommée cuite.

Problème de foie par suite de tristesse : poulet à l’hysope.
Contre la déprime : prendre une pointe de couteau matin, midi et soir. Atteinte du foie suite à la tristesse.
Hildegarde conseille de prendre un élixir de mûre pour soigner la toux d’irritation, la bronchite, et pour éliminer les mucosités. Voici la recette :
9 g de poudre de pyrèthre
7.5 g de mûres séchées
2 g de poudre d’hysope
5 g de poudre d’origan séché
100 g de miel
500 ml de vin blanc
Faire bouillir les plantes, le miel et le vin puis filtrer.
Posologie : boire un verre à liqueur après les repas.
Contre-indication et effets secondaires
Attention : ne pas utiliser chez les personnes qui font de l’hypertension.
A utiliser à petite dose chez les personnes nerveuses et les enfants.
L’hysope contient des cétones. Ces composants sont reconnus pour leurs effets neurotoxiques, même à faibles doses, et peuvent induire des crises d’épilepsie ou des convulsions.
Il est donc impératif de l’utiliser sous stricte surveillance médicale et de privilégier son usage externe.
Parmi les réactions indésirables notées, on compte des symptômes gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements ou diarrhées, particulièrement lorsque la plante est consommée en grandes quantités.
Des réactions allergiques cutanées, comme des éruptions ou des démangeaisons, peuvent également survenir suite à l’application topique de l’hysope ou de ses dérivés.

En cuisine
Parler de l’hysope dans la cuisine, c’est évoquer une herbe un peu mystérieuse, moins connue que le thym ou le basilic, mais pleine de caractère. Son goût amer caractéristique ajoute une touche de chaleur aux aliments tels que les salades, le poisson, la viande et les légumes. Elle est également utilisée comme ingrédient dans les desserts, le miel et même certaines liqueurs.

 

 

L’hysope dans les textes
En littérature, l’hysope n’est pas seulement une plante aromatique : elle est surtout un symbole puissant, souvent lié à la purification, l’humilité et au sacré.
Dans la Bible :
L’hysope, plante originaire de la région méditerranéenne, est mentionnée à plusieurs reprises dans l’Ancien et le Nouveau Testament. Elle est le plus souvent évoquée en relation avec le processus de purification.
Dans la culture hébraïque, l’hysope appelée aussi « herbe sacrée » symbolise l’humilité, en opposition au cèdre, image de la majesté.
En observant les animaux et les plantes qui l’entouraient, Salomon éprouvait un profond respect pour le Dieu créateur. Dans le Nouveau Testament, l’hysope fut un symbole de réconfort pour Jésus sur la croix, alors qu’il versait son sang pour nous purifier de nos péchés.
La première fois que l’hysope est mentionnée, c’est lorsque Dieu a demandé à son peuple de l’utiliser pour se distinguer de ses oppresseurs en Égypte. Dieu avait déjà infligé neuf plaies à l’Égypte pour montrer sa puissance, mais Pharaon continuait de refuser de laisser partir le peuple de Dieu (Exode 1-11).
La dernière plaie était la pire : Dieu allait frapper tous les premiers-nés d’Égypte, des princes royaux au bétail. Mais il avait un plan pour protéger son peuple du désastre à venir. Les Israélites reçurent l’ordre de sacrifier un agneau, un par famille, de le cuire et d’en manger la viande. L’hysope devait être utilisée comme une sorte de pinceau pour appliquer le sang de l’agneau sur les côtés et au-dessus de la porte de chaque maison.
Exode 9:19-22
Moïse, après avoir prononcé devant tout le peuple tous les commandements de la loi, prit le sang des veaux et des boucs, avec de l’eau, de la laine écarlate, et de l’hysope; et il fit l’aspersion sur le livre lui-même et sur tout le peuple, en disant: Ceci est le sang de l’alliance que Dieu a ordonnée pour vous. Il fit pareillement l’aspersion avec le sang sur le tabernacle et sur tous les ustensiles du culte.

Exode 12:21-25
Moïse appela tous les anciens d’Israël, et leur dit: Allez prendre du bétail pour vos familles, et immolez la Pâque. Vous prendrez ensuite un bouquet d’hysope, vous le tremperez dans le sang qui sera dans le bassin, et vous toucherez le linteau et les deux poteaux de la porte avec le sang qui sera dans le bassin. Nul de vous ne sortira de sa maison jusqu’au matin. Quand l’Éternel passera pour frapper l’Égypte, et verra le sang sur le linteau et sur les deux poteaux, l’Éternel passera par-dessus la porte, et il ne permettra pas au destructeur d’entrer dans vos maisons pour frapper.

Les passages de l’Ancien Testament qui mentionnent l’hysope sont liés au sang des sacrifices d’animaux. Elle représente la compassion de Dieu envers son peuple, sa volonté de se pencher vers nous pour nous sauver et nous guérir. L’hysope, le bois de cèdre, le fil écarlate et un oiseau vivant étaient les ingrédients utilisés par le prêtre pour asperger de sang une personne qui avait été guérie d’une maladie de peau « souillante » comme la lèpre. Il s’agissait d’un acte cérémoniel de purification. De même, les prêtres devaient utiliser l’hysope dans certains rites de purification.

Nombres 19:17-20
On prendra, pour celui qui est impur, de la cendre de la victime expiatoire qui a été brûlée, et on mettra dessus de l’eau vive dans un vase. Un homme pur prendra de l’hysope, et la trempera dans l’eau; puis il en fera l’aspersion sur la tente, sur tous les ustensiles, sur les personnes qui sont là, sur celui qui a touché des ossements, ou un homme tué, ou un mort, ou un sépulcre. Celui qui est pur fera l’aspersion sur celui qui est impur, le troisième jour et le septième jour, et il le purifiera le septième jour. Il lavera ses vêtements, et se lavera dans l’eau; et le soir, il sera pur.
1 Rois 4:33
Il a parlé sur les arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui sort de la muraille; il a aussi parlé sur les animaux, sur les oiseaux, sur les reptiles et sur les poissons.

Jean 19:28-30
Après cela, Jésus, qui savait que tout était déjà consommé, dit, afin que l’Écriture fût accomplie: J’ai soif. Il y avait là un vase plein de vinaigre. Les soldats en remplirent une éponge, et, l’ayant fixée à une branche d’hysope, ils l’approchèrent de sa bouche. Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: Tout est accompli. Et, baissant la tête, il rendit l’esprit.

Psaume 51:7
Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur; Lave-moi, et je serai plus blanc que la neige.
Selon saint Augustin tous les hommes participent au péché d’Adam. Les misères de l’homme et le fait qu’il est esclave de ses désirs prouvent que le péché originel agit en lui. Il constate que de nombreux versets bibliques témoignent du péché originel, entre autres le psaume 51 :
Voici, dans la faute j’ai été enfanté et,
dans le péché, conçu des ardeurs de ma mère.
Voici, tu aimes la vérité dans les ténèbres,
dans ma nuit, tu me fais connaître la sagesse.
Ôte mon péché avec l’hysope, et je serai pur ;
lave-moi, je serai plus blanc que la neige. (Ps 51, 7–9)

La plante d’hysope symbolise la chance que Dieu nous offre d’être purifiés de nos péchés. Le prêtre et auteur François de Sales a écrit :
« En vérité, grâce à l’eau du sang de notre Sauveur, recueillie avec l’hysope de la croix, nous avons été restaurés dans une blancheur incomparablement meilleure que celle de la neige de l’innocence.»
Paul Claudel traduit et réécrit plusieurs psaumes bibliques dans lesquels figure le mot «hysope».

Quelques exemples dans la littérature :
Moi qui ne suis qu’un brin d’hysope dans la main
Du Seigneur tout-puissant qui m’octroya la grâce,
Je puis, si mon dessein est pur devant sa face,
Purifier autrui passant sur mon chemin.
Je puis, si ma prière est de celles qu’allège
L’humilité du poids d’un désir languissant,
Comme un païen peut baptiser en cas pressant,
Laver mon prochain, le blanchir plus que la neige…..
Verlaine

Dans ce poème-prière, Verlaine exprime le désir de pouvoir, tel l’Hysope purificateur de la Bible, soulager son prochain de ses peines.

RIMBAUD : Oraison du soir ( 1871) Poésies
Je vis assis, tel qu’un ange* aux mains d’un barbier,
Empoignant une chope à fortes cannelures,
L’hypogastre et le col cambrés, une Gambier
Aux dents, sous l’air gonflé d’impalpables voilures*.

Tels que les excréments chauds d’un vieux colombier,
Mille Rêves en moi font de douces brûlures :
Puis par instants mon coeur triste est comme un aubier
Qu’ensanglante l’or jeune et sombre des coulures.

Puis*, quand j’ai ravalé mes rêves avec soin,
Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes,
Et me recueille, pour lâcher l’âcre besoin :

Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes,
Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très loin,
-Avec l’assentiment des grands héliothropes.

«Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes (v.12)»
Dans ce vers, il faut comprendre «doux comme le Seigneur, maître de toutes choses». La Bible, plus exactement le Livre des Rois, rapporte que Salomon « a aussi parlé des arbres, depuis le cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui sort des murailles » (Rois, IV,33, trad. Lemaistre de Sacy). L’hysope est mentionné comme symbole de la petitesse par opposition au cèdre, symbole de la grandeur. La formule est devenue proverbiale.

Ainsi est-il dit de Molière dans la scène 5 de L’Impromptu de Versailles : « Les comédiens et les auteurs, depuis le cèdre jusqu’à l’hysope sont diablement animés contre lui. »
Créée à Versailles le 14 octobre 1663, L’Impromptu de Versailles est une comédie en un acte qui a servi à Molière d’attaquer Edme Boursault, le dramaturge français qui avait fait dans sa pièce Le Portrait du peintre (1663), une critique féroce de L’Ecole des femmes, obtenant ainsi une certaine renommée. Molière, auteur, directeur de troupe, metteur en scène ainsi qu’acteur, dirige la répétition d’une de ses pièces qui doit être jouée dans quelques heures devant le roi.

Chateaubriand, évoquant dans Les Martyrs (1810) la poésie du paysage biblique, mentionne parmi d’autres exemples « l’humble hysope » et le « cèdre superbe » : « Le soleil brûlant, l’aigle impétueux, l’humble hysope, le cèdre superbe, le figuier stérile, toute la poésie, tous les tableaux de l’Écriture sont là. »

Théodore de Banville écrit dans L’Opéra turc (Odes funambulesques, 1859) : « Donc, samedi prochain nous dirons à l’Europe / Comme tombe le cèdre au niveau de l’hysope […] ».

Saint-Pol-Roux (1861 – 1940) : Pour dire aux funérailles des poètes

ALLEZ BIEN DOUCEMENT, MESSIEURS LES FOSSOYEURS
Allez bien doucement, car ce cercueil n’est pas comme les autres en qui se trouve un bloc d’argile enlinceulé de langes, celui-ci recèle entre ses planches un trésor magnifique, un trésor que recouvrent deux ailes très blanches commeil s’en ouvre aux épaules fragiles des anges.

ALLEZ BIEN DOUCEMENT, MESSIEURS LES FOSSOYEURS
Allez bien doucement, car ce coffre, il est plein d’une harmonie faite de choses variées à l’infini : cigales, parfums, guirlandes, abeilles, nids, raisins, cœurs, épis, fruits, épines, griffes, serres, bêlements, chimères, sphynx, dés, miroirs, coupes, babues, amphores, trilles, thyrse, arpèges, marotte, paon, carillon, diadème, gouvernail, houlette, joug, besace, férule, glaive, chaînes, flèches, croix, colliers, serpents, deuil, éclairs, boucliers, buccin, trophées, urne, socques, cothurnes, brises, vagues, arc-en-ciel, lauriers, palmes, rosée, sourires, larmes, rayons, baisers, or, tout cela sous un geste trop prompt pourrait s’évanouir ou se briser
(…)
ALLEZ BIEN DOUCEMENT, MESSIEURS LES FOSSOYEURS
Allez bien doucement, car il était un dieu peut-être, ce poète, un dieu qu’ona frôlé sans deviner son sceptre, un dieu qui nous offrait la perle et l’hysope du ciel alors qu’on lui jetait le fiel et les écailles de sa table, un dieu dont le départ nous plongera sans doute en la ténèbre redoutable ; et c’est pourquoi vont-ils, vos outils de sommeil, produire tout à l’heure un coucher de soleil.

Ricardo Akpo, jeune poète béninois, grand admirateur de Victor Hugo et d’Alphonse Lamartine a composé le recueil Brin d’hysope publié aux éditions Soulara. Il a été présenté au public le samedi 13 juillet 2019 à Porto-Novo. Le livre s’inscrit dans la tradition de la poésie béninoise contemporaine, mêlant spiritualité, nature et méditation sur la condition humaine.
Le «brin» symbolise la légèreté de la vie humaine remplie de souillures qui cherche à être épuré par «l’hysope».
Le recueil peut être lu comme une prière poétique, une quête de purification intérieure et de compréhension de l’âme. Le poète cherche comprendre l’être humain, ses contradictions et ses espoirs, dans une tension constante entre lumière et obscurité, foi et doute, joie et souffrance.
« »Soudain, le ciel émit des éclairs et le tonnerre gronda. Le vieux arbora un ricanement affreux. Il enterra la statuette dans le trou. Puis il sortit un brin d’hysope de sa sacoche qu’il mâcha. Il le recracha, recueillit le mélange dans sa paume et le passa sur la tête. Il sortit à présent une gourde et se mit à se laver. « Mon bain magique de protection, murmura-t-il. Demain, je paraîtrai plus jeune. Je remercie nos ancêtres qui ont inventé cette technique. »

Au fond, l’hysope n’est qu’une petite plante : une tige fine, quelques fleurs, un parfum discret que le vent emporte doucement. Pourtant, dans ce brin fragile, il y a quelque chose d’ancien, de sacré. Elle pousse sans bruit, près des pierres chaudes et des jardins oubliés, comme si elle connaissait les secrets du temps. Ceux qui s’arrêteront pour la regarder comprendront qu’elle ne cherche pas briller : elle est là simplement pour purifier l’air, parfumer la terre, apaiser les cœurs.
L’hysope nous apprend que la beauté n’a pas besoin de grandeur. Un simple brin peut porter en lui la mémoire des hommes, la prière des siècles et le souffle discret de la nature….